Terrains synthétiques : un premier bilan

Pour la première fois dans l’histoire du foot français, les clubs de Nancy et Lorient jouent tous leurs matches à domicile sur une pelouse synthétique. Si elle est très avantageuse sur le plan économique, la surface de jeu ne fait pas l’unanimité dans le petit monde de la Ligue 1.

Développer du jeu sur une pelouse naturelle et sur un terrain synthétique est bien différent. Et ce n’est pas Lamine Diallo, entraîneur d’un club amateur et ancien joueur professionnel qui dira le contraire: « quand on joue au sol sur du synthétique, le ballon est ralenti par la matière qui le compose. Quand les passes s’effectuent avec des rebonds, ça fuse et le ballon prend de la vitesse, analyse-t-il. La vitesse de jeu peut être un avantage, encore faut-il la maîtriser… Il faut rester vigilant et éviter les erreurs dans les transmissions ». Beaucoup de défauts qui plaident contre cette révolution, malgré la rapide évolution qu’elle a subie .

Les synthétiques d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux du passé, redoutés pour leur dureté et pour les blocages de pied, les traumatismes des chevilles et des genoux qu’ils occasionnaient. La nouvelle génération de terrain, par la qualité de ses fibres et la présence d’une couche de « souplesse », permet aux joueurs un amortissement et un glissement bien supérieurs. Les risques de se blesser sont donc moindres.

Un investissement rentable

Pour se doter de leur nouvelle surface, Lorient et Nancy ont déboursé respectivement 900 000 et 1,5 millions d’euros. Les Lorrains ont dû dépenser davantage, car ils organiseront également une quinzaine de spectacles par an, ce qui nécessite une infrastructure différente. Certes onéreux au départ, l’investissement est vite amorti, car l’entretien d’un terrain synthétique ne coûte que 10 000 à 30 000 euros par an, alors que la réfection d’une pelouse naturelle se chiffre à 200 000 euros chaque année. Dernier atout du synthétique: sa durée de vie estimée à dix longues années. Une économie énorme, pourtant vouée à ne pas durer.

Paul de Saint Sernin

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